PÈRE FERNANDE, FEMME D’ÉGLISE


Si derrière chaque grand homme il y a une femme, l’inverse est tout aussi vrai. Pour son parcours exceptionnel dans l’Eglise épiscopale d’Haïti, la révérende Fernande Pierre-Louis est reconnaissante au bon Dieu, mais n’oubliera jamais le rôle qu’a joué son “mentor favori “, son mari.

La première fois qu’une femme est ordonnée prêtre en Haïti, la nouvelle a défrayé la chronique, la cathédrale de la Sainte-Trinité débordait de monde, si bien que des yeux curieux devaient se contenter d’assister à la cérémonie à travers les persiennes de l’église. C’était le jour de la Saint-Pierre, en 2003.

Fernande Pierre-Louis s’en souvient comme si c’était d’hier. “Pour l’ordination, c’est mon mari qui m’a accompagnée comme laïc avec le clergé de l’Eglise “, se rappelle-t-elle. Ses trois fils étaient aussi présents pour la supporter. La révérende ne mesurait alors pas encore combien cette grande première dans le pays pouvait, au-delà de l’Église épiscopale, marquer les esprits.

Dix ans plus tard, Fernande Pierre Louis n’a rien perdu de son humilité. Cet après-midi de mars, c’est d’un pas discret qu’elle a monté l’escalier du journal pour l’entretien. Entre ses tâches de directrice de l’école Sainte-Trinité et ses responsabilités au staff clérical à la cathédrale, la révérende s’est quand même créé du temps pour se déplacer comme une simple messagère.

Jupe et chemise de jais, la femme d’église est dans sa tenue de prêtre. Elle porte à son cou une chaîne avec la Sainte Croix de Jérusalem. Oui, Fernande Pierre-Louis est une messagère de Dieu. Derrière ses lunettes, son regard a la franchise de ceux qui ont beaucoup prié.” C’est mon mari qui m’a poussée jusqu’au bout”, reconnaît-elle. D’une timidité maladive dès son plus jeune âge, cette femme qui a reçu son appel du Seigneur à douze ans a failli donner dos à jamais à sa vocation.

Après ses études classiques, ses premières demandes pour devenir prêtre sont restées sans réponse. “Dieu y pourvoira “, lui avait pourtant dit un jour son père, qui était lui-même prêtre. Face au rejet des autorités, Fernande Pierre-Louis s’était alors résignée : elle s’est lancé dans des études en économie et en statistiques avant d’intégrer la fonction publique. C’est bien plus tard, sous l’insistance de son époux, qu’elle a adressé une nouvelle demande auprès de son église.

Cette fois, ce fut la bonne. ” Monseigneur Duracin n’avait aucune objection “. Dommage, quelques années plus tard, c’est la femme-prêtre et épouse qui chanta l’Allélouia dans les funérailles de son mari. “Son départ précipité a été un choc”, lâche-t-elle, la mort dans l’âme. “Les opposants à ma décision de devenir prêtre avaient tout fait pour dissuader mon mari. Mais lui, qui fut mon meilleur encadreur, répondait invariablement qu’il serait toujours à mes côtés !” La révérende est nostalgique des conseils de son mari et de ses bisous de récompense quand il était satisfait de ses prestations derrière l’autel. ” Je remercie le Seigneur “, dit-elle, la main posée sur son front clair brodé de cheveux gris.

La sexagenaire, originaire de Casale se sent très bien. Son parcours reste pour elle un miracle. Sa survie de la catastrophe du 12 janvier 2010 aussi. Cette année, elle prépare avec enthousiasme la célébration du centenaire de son ancienne école, l’école Sainte-Trinité, fondée en 1913 par l’épouse du curé de la cathédrale de Sainte-Trinité, Adèle John.

Contente d’avoir ouvert la voie à d’autres femmes dans l’ordination, Fernande Pierre-Louis veut rendre son bonheur contagieux. Malgré son agenda surchargé, elle ne consulte pas sa montre : elle prend son temps pour parler. Comme un dernier message, une homélie. “Il faut prendre le bon Dieu au sérieux “, conseille la révérende. La voix calme du prêtre porte toujours des propos lourds de sagesse.

Carl-Henry Cadet
Le Nouvelliste
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3 Comments

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